Connaître le rythme de nos nuits pour lutter contre les troubles du sommeil.

Les causes des troubles du sommeil sont encore mal définies. Même si les recherches lèvent de plus en plus de voiles sur le sujet, il représente toujours une des boîtes noires de la science. Généralement, on observe ces pathologies lors de troubles métaboliques, mentaux ou neurologiques : les causes possibles de l’insomnie sont le stress, la dépression, l’anxiété, le syndrome des jambes sans repos, l’apnée du sommeil ou les troubles du rythme circadien. L’hypersomnie peut prendre son origine dans le décalage horaire, la dette de sommeil, la fatigue chronique ou, entre autres, dans le cancer, la fibromyalgie et la sclérose en plaque.

L’insomnie est le trouble du sommeil le plus fréquemment cité : elle représente 15 à 20% de la population française, soit 10 millions de personnes. Elle se manifeste sous trois formes différentes :
• l’endormissement troublé (avec ou sans réveil nocturne ou état dépressif) : il peut reposer sur un mauvais équilibre entre le GABA et la noradrénaline, le stress, l’anxiété ou être lié à un déficit en sérotonine (ou de ses cofacteurs).
• le réveil nocturne (entre une et quatre heure du matin) : il prend son origine généralement dans un déficit en mélatonine au moment où elle devrait être au maximum. Ce phénomène est également très fortement lié au stress et aux surcharges digestives (hépatiques ou intestinales ; liées aussi au déficit de mélatonine qui aurait due mettre au repos la digestion).
• le réveil précoce : généralement dû au stress (pressions lourdes, obligations …) qui engendre un pic de cortisol beaucoup trop tôt dans la matinée. Parfois s’ajoute à cela un excès de noradrénaline et de dopamine.

 

Il y a trois éléments clefs pour lutter contre les troubles du sommeil et garantir des nuits reconstructrices :
• le respect du biorythme et des besoins de chacun.
• l’application d’une certaine hygiène de vie, et du sommeil plus précisément, celle-ci incluant la gestion du stress.
• la compréhension et l’optimisation des enjeux endocriniens.

Il faut aussi prendre en considération l’évolution du sommeil au cours d’une vie. Un fœtus de six mois va dormir 24/24h pour permettre le développement de son système nerveux. A dix ans, un enfant aura besoin de 10 heures de sommeil. A 20 ans, les besoins diminuent autour de 8 heures, et par la suite encore moins (entre 6 et 7 heures).

 

Aussi, pour pouvoir agir sur le sommeil et améliorer certains troubles, il faut déjà concevoir le rythme biologique qui dirige nos nuits.

Le sommeil est en effet constitué de 4 phases que l’on retrouve successivement dans des cycles d’environ 90 minutes (qui peuvent varier entre 60 et 120 minutes) qui s’enchainent au cours de la nuit (une nuit est constituée de trois à cinq cycles).

La première phase est l’endormissement. Il va dépendre de la sérotonine, du GABA ainsi que de la diminution du taux de cortisol.

Ensuite vient le sommeil lent et léger : il résulte de l’inhibition progressive de la formation réticulée mésencéphalique. Cette phase représente la moitié du temps de chaque cycle, elle est particulièrement instable et fragile : elle est souvent troublée par des micro-réveils fréquents et reste très impactée par la santé, l’humeur, l’âge, le stress ou l’activité physique. A ce stade, le tonus musculaire persiste, les principales fonctions végétatives (circulation, respiration) ralentissent et l’organisme s’installe en hypotonie relative. Ce type de sommeil est une passerelle entre l’éveil et tous les autres stades de sommeil.

La troisième étape est très importante car très active. C’est le sommeil lent et profond qui s’installe : il va réparer, régénérer et construire. En effet, il redistribue l’énergie, efface les fatigues et régule les fonctions ; il est aussi fondamental pour la croissance des enfants. Chez l’adulte, on remarque souvent que cette phase du sommeil ne s’accomplit plus que durant les premières heures de la nuit, ce qui facilite l’apparition des insomnies et des nuits où les adultes et surtout les personnes âgées n’ont pas le sentiment de s’être reposés.

 

Et enfin, il y a le sommeil paradoxal, aussi appelé « phase de mouvements oculaires » (PMO, ou REM en anglais). Durant cette étape se déroulent des reconstructions neuronales, une maturation du système nerveux ; l’activité musculaire est totalement inhibée alors que l’activité oculaire et cérébrale s’intensifie, et il y a une dissociation neurovégétative (le cerveau reste actif tout en étant désynchronisé du reste de l’organisme) que l’on perçoit à travers une respiration et un rythme cardiaque irréguliers. Le sommeil paradoxal représente, selon l’âge et l’état de santé, 20 à 25% de la durée totale d’un cycle. Cependant, plus la nuit avance, plus cet épisode est long : d’où le fait que des nuits longues seront plus réparatrices car permettront une durée et une fréquence cumulées du sommeil paradoxal plus longues. Il apparaît à peu près 90 minutes après l’endormissement et constitue une période de rêve intense.



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