LE BONHEUR, UNE MOLECULE PAS SI FACILE À FABRIQUER ! 

La sérotonine a un effet considérable dans l’humeur et l’anxiété : elle est en effet surnommée « molécule du bonheur » et va véritablement réguler les émotions. C’est pour cela qu’elle est presque systématiquement liée à la dépression et aux troubles du comportement. Au-delà de son rôle psychologique, elle intervient dans la thermorégulation, le tonus vasculaire, le péristaltisme et l’apprentissage, et va moduler des hormones ou d’autres neurotransmetteurs. Avec autant de fonctions, il est normal qu’un dérèglement de la sérotonine engendre des incommodités que l’on retrouve aussi bien dans les désagréments du quotidien que les pathologies de ce siècle.

Produite à plus de 80% dans les intestins, le lien entre la synthèse de cette molécule, le microbiote intestinal et la nutrition ne doit pas être sous-estimé.

Faisant partie avec la mélatonine des neurotransmetteurs de l’axe tryptaminergique, la sérotonine est synthétisée à partir du tryptophane, un acide aminé que l’on dit essentiel car il doit nécessairement être apporté par l’alimentation. Cette transformation, ainsi que celle de la sérotonine en mélatonine (neurotransmetteur du sommeil entre autres), n’est réalisable qu’en l’absence de carence de certains cofacteurs comme le calcium, le fer, le magnésium ou la vitamine B6.

Il faut savoir que le tryptophane est un acide aminé peu présent dans notre alimentation (on en trouve dans le blanc d’œuf, la spiruline, le poisson – le cabillaud est très riche – ou encore le quinoa). Son assimilation et sa pénétration dans le cerveau sont compliquées : en effet, il entre en compétition avec d’autres acides aminés tels que la valine, la leucine ou la tyrosine. Il faut aussi prendre en compte certaines molécules exogènes (telles que l’aspartame[i]) qui peuvent diminuer la pénétration du tryptophane dans le cerveau, ainsi le terrain de la personne : par exemple, un état inflammatoire (on parle pour le cerveau de neuro-inflammation) peut dégrader le tryptophane en kynurénine et augmenter ainsi le déficit en sérotonine.

Ainsi, même en couvrant les apports alimentaires, le cerveau peut parfois en manquer pour fabriquer de la sérotonine.

[i] Yokogoshi HRoberts CHCaballero BWurtman RJ. Effects of aspartame and glucose administration on brain and plasma levels of large neutral amino acids and brain 5-hydroxyindoles. Am J Clin Nutr. 1984 Jul;40(1):1-7.

 



2 Commentaires/par
2 réponses
  1. Pauline
    Pauline dit :

    Je ne comprends rien à cette phrase.
    « Il faut aussi prendre en compte certaines molécules exogènes (telles que l’aspartame[i]) qui peuvent diminuer la pénétration du tryptophane dans le cerveau, ainsi le terrain de la personne : par exemple, un état inflammatoire (on parle pour le cerveau de neuro-inflammation) peut dégrader le tryptophane en kynurénine et augmenter ainsi le déficit en sérotonine. » Y aurait-il moyen de la libeller plus clairement ?

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  2. Corinne
    Corinne dit :

    Bonjour, merci pour ce précieux enseignement. Mais alors si on en trouve peu dans l’alimentation, peut on prendre en toute confiance un complément de L-Tryptophane seul ? ou fait il qu’il s’associe avec d’autres molécules ? Qu’en penser ? Seul va t’il être efficace ? .. on se perd … une cure de tryptophane ? … merci pour votre éclairage

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